samedi 5 décembre 2015

Burkina Faso : Révolution qui finit en queue de poisson

Finalement tant de peine et de sacrifice en vain ! Dommage le peuple boukinabé vaillamment battu a raté le coche ; il en apprendra surement à ses dépens. Parce qu’on ne peut croire si vite sur parole des gens tels que Rock Mark Christian KABORE (fléchissement élu président) et simone Kompaoré et Salif Diallo, qui ont été acteur et comptable de tous les tords que le pouvoir déchu a infligés à ce peuple. Ils sont indignes voire traitre et sont incapables d’être à la hauteur des ambitions qu’ils se prêtent.
A défaut de porter au pouvoir l’un des meneurs de la révolution ou un opposant qui n’a jamais fleureté avec le pouvoir décadent, j’aurai aimé que le peuple burkinabé élu à la tête de son pays (certes ça peut paraitre paradoxal) quelqu’un issu directement du parti de Blaise Kompaoré dont on a injustement privé de participer au présidentiel tout en concourant pour les autres élections. Curieux, non ? Pourquoi cette option, c’est qu’au moi celui-ci approuvé dans des moments critiques sa fidélité à son chef en dépit de toutes les critiques dont ce dernier faisait l’objet. Ceci témoigne d’un gage d’intégrité sans faille, du respect de l’engagement. Voilà en fait quelqu’un digne de confiance et son élection aurait moins de mal :
1. La preuve de sa fidélité ;
2. Si on lui tendant la perche, il pourrait se racheter des erreurs passées que ce trio qui a senti les relents d’un changement imminent pour retourner leur veste et se dresser messies pour qu’au moment où se changement saurait intervenu comme il est le cas maintenant de pouvoir à nouveau exploiter la misère du peuple. Non ! le coup qu’ils ont porté à Blaise, il le retournera compte le Peuple. Preuve ! il ne poursuive en réalité leur intérêt égoïste : accaparé tout.
Enfin, je pense que l’alternative dont les burkinabés réclamés n’était pas pour l’amélioration de leur condition existentielle, seulement faire partir coute que coute un homme que le système.
D’autre part ; il est temps qu’on renouvèle malgré la ténacité des dinosaures la classe politique africaine !
Frère burkinabé, vs êtes sans aucun doute, les seuls boucs émissaires de ce qui vs adviendra quant à moi, je reste tristement sur ma fin !
Amadou Mamadou LAM  dit Grand LAM Via Mohamed Lo






jeudi 3 décembre 2015

Hommage à Oumar Ould Beibacar

Hommage à Oumar Ould Beibacar   Je dois préciser d’emblée que j’envisageais de rendre hommage à Oumar Ould Beibacar bien avant aujourd’hui. Tout juste après avoir lu ses écrits sur le combat des Flam, l’esclavage, la bataille de Toumsi et enfin sur le coup d’Etat de 1989 et la mort héroïque du lieutenant Ba Seydi.

Mais je voulais prendre mon temps, celui de murir, d’affiner ma communication afin qu’elle soit digne de l’homme que je voulais honorer. Or, compte tenu de l’envergure et de la place que je lui conférais au regard de mes paramètres d’appréhension, la gestation du texte souhaité réclamait plus de temps !

Mais voilà, une fois encore le cours des événements est venu perturber mon calendrier m’imposant de m’exprimer presque tout de suite… Car après son arrestation prendre la parole devenait à mes yeux, un devoir de vérité et un sursaut patriotique.

En effet, ce 28 novembre 2015, alors qu’il venait de terminer l’animation d’une conférence sur le thème : « Inal-a-t-il définitivement entaché le 28 Novembre? », Oumar Ould Beibacar a été arrêté par la police mauritanienne et conduit à une destination inconnue. Comme j’aurai voulu voir la mine du flic qui aura à affronter le regard d’acier d’Oumar

Oumar Ould Beibacar n’est ni un chef de parti, ni le président d’une organisation de la société civile, encore moins un de ces richissimes hommes d’affaire ; et pourtant son arrestation nous interpelle tous. Pourquoi le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz a-t-il décidé de mettre au cachot Oumar Ould Beibacar ? Pourquoi son arrestation est-elle intervenue après la tenue de cette conférence ? Enfin quelles peuvent être les conséquences de cet acte ?

Mais avant de proposer des éléments de réponse à ces interrogations, je ne puis faire l’économie de souligner d’abord ces traits de caractère qui élèvent l’homme très haut au dessus du commun des mortels.

I. Un homme d’honneur…

Je sais que cette expression (sens de l’honneur) est si bien galvaudée par les uns et les autres qu’elle est familière à la majorité. Et pourtant, demandez aux Mauritaniens de vous définir ce qu’ils entendent par ce premier terme du tryptique érigé en devise de notre pays, et vous verrez alors tout l’écart qui sépare la familiarité d’une expression et sa connaissance effective.

Après la raison, l’honneur est cette réalité abstraite qui met plus l’être humain en évidente en le distinguant des autres espèces du règne animal. Mais l’honneur est surtout la crème de toute rationalité. En effet, si l’absence de la raison ne peut s’accommoder de l’honneur, celui-ci transcende et dépasse celui-là comme un plus en puissance n.

Ainsi, avoir le sens de l’honneur suppose non seulement que vous êtes un humain à part entière mais aussi que vous appartenez au meilleur du genre humain. Voilà pourquoi nous brandissons cette qualité à chaque fois que nous estimons que l’autre, de par son comportement, semble ignorer notre plus value humaine ; le plus souvent d’ailleurs, plus pour se convaincre soi-même que pour persuader l’autre.

Mais de par son essence, l’honneur ne se proclame pas, il se traduit dans l’attitude de l’homme dans la société. Il se manifeste dans l’intégrité dont nous faisons montre dans note rapport à l’autre, dans notre capacité à nous conformer à nos idéaux, mais encore et surtout dans l’harmonie psychique qui résulte de la dialectique endogène perpétuelle qui confronte notre conscient à notre subconscient.

Avoir le sens de l’honneur est, vous l’aurez compris, plus facile à affirmer qu’à vivre ; d’autant que pour vivre en homme ou femme d’honneur, les meilleurs d’entre nous sont obligés de devoir empiéter sur leurs intérêts individuels immédiats, s’opposer bien des fois à ceux qu’ils aiment, notamment aux membres de leur famille, et bien souvent encore à leur communauté ethnique, tribale, linguistique et religieuse.

Parce que vivre en homme ou femme d’honneur, c’est faire ce que l’on dit, mais c’est aussi dire que l’on fait. C’est donc se situer loin du mensonge, par l’affirmation constante de la vérité même si celle-ci dissout vos intérêts matériels, suscite l’animosité de vos proches et vous fait courir le risque non moins négligeable d’être l’oublié d’une certaine histoire !

Oumar Ould Beibacar est un homme d’honneur et cela au sens le plus valeureux du terme. Un homme d’honneur dans la tradition militaire authentique. Celle-là même qui fait préférer au soldat, digne du métier des armes, la mort au déshonneur ; de choisir de garder le silence pour éviter le mensonge, de défendre le faible face à l’outrage du puissant.

Il ose rétablir la vérité sur l’histoire politique de la Mauritanie dont il montre, preuves à l’appui, qu’elle a été outrancièrement falsifiée par des lobbies racistes longtemps tapies dans les régimes qui se sont succédé au pouvoir dans notre pays.

Très au dessus de toutes considérations racistes ou communautaristes, le colonel retraité n’hésite pas à voler au secours de ses frères d’arme, martyr du régime sanguinaire de Taya.

Ainsi, dans un article que j’ai lu le 29 octobre 2015 sur le site d’information cridem, Oumar ould Beibacar revient largement sur les motivations, le déroulement et l’exécution des trois officiers négro-mauritaniens Sarr Amadou, Sy Saïdou et Ba Seydi, principaux auteurs de la tentative de coup d’Etat de 1987.

Contrairement à ce qui fut jusque là admis, parce que savamment distillé par les propagandes du régime de Ould Taya et ses héritiers, il révèle, avec une plume saisissante que ces trois soldats n’étaient ni des ‘’diables aux longues queues’’, ni des racistes qui voulaient changer la dénomination de la Mauritanie et de sa monnaie, ni des traitres qui voulaient chasser les Maures du pays.

Ils étaient tout simplement mus par le désir de reprendre les commandes du pays pour le refonder sur des bases justes et égalitaires. La preuve, nous dit Ould Beibacar, est qu’ils envisageaient de confier le poste clé de chef d’Etat major des forces armées à Mohamed Ould Lekhal, lui-même maure.

Alliant la narration à l’analyse, le vieil officier supérieur de la garde nous raconte alors la grande bravoure, le sens de l’honneur, la lucidité et la ferveur dont fit preuve Ba Seydi tant face à ses pseudo-juges que face à la mort certaine. Aussi finit-il son épopée par ces mots : « Seydi Ba, Seydi Ba, Seydi Ba » pour rendre hommage à son frère d’arme négro-mauritanien dont les hauts faits d’armes l’ont, visiblement, ému.

A mon tour de vous dire ceci, mon colonel, si le comportement exemplaire de Ba Seydi vous a ému au point de vous enthousiasmer, c’est bien parce que vous êtes un homme d’honneur ! Oui, je n’ai pas l’ombre d’un doute que si le destin vous avait mis à la place de Ba Seydi (ce que je ne vous souhaite point), vous auriez eu la même attitude courageuse, honnête et honorable.

Vous n’êtes décidément pas de ces soldatons qui, une nuit de novembre 1990, face à des frères d’ armes désarmés n’ont eu d’autre idée que de les assassiner. Pendre ou tirer sur un soldat désarmé, même lorsque c’est votre ennemi, en situation de guerre, aucun soldat digne des traditions guerrières ne le fait.

C’est une attitude tout simplement méprisable. Que dire donc de tous ceux qui ont attaqué des civils, violé des femmes ! Comment une armée digne de ce nom peut accepter d’avoir en son sein des hommes, j’allais dire des criminels d’une telle bassesse !

Comment messieurs les officiers, sous-officiesr, hommes de troupes qui êtes innocents et gardez encore le sens de l’honneur du soldat, pouvez vous accepter en votre sein des assassins et des tortionnaires ? En n’osant pas affronter les oppresseurs du peuple mauritanien que vous aviez le devoir de protéger, vous devenez de facto les complices d’une bassesse indigne, non pas seulement du soldat, mais de l’homme tout court !

Oumar Ould Beibacar, lui, est d’une autre trempe. J’ose espérer qu’il n’est pas l’exception et que dans les rangs de notre armée, existent encore des soldats courageux, honnêtes et dignes !

II. Un homme intellectuellement honnête et moralement fascinant

Libéré de l’armée et de son devoir de réserve, le colonel Oumar Ould Beibacar lance un regard rétrospectif particulièrement pointu sur l’histoire politique de notre pays. Toujours dans le souci de rétablir la vérité oblitérée par des années de propagande mensongère, il revint sur le combat mené par l’élite intellectuelle négro-africaine contre le racisme d’Etat érigé en système de gouvernance.

C’est ainsi qu’il confirme ce que ces pauvres Flamistes (FPC) ont tout le temps affirmé, c’est-à-dire que jamais dans leur action politique ils n’ont pensé, et à fortiori, développé un quelconque discours raciste à l’encontre de leurs compatriotes maures.

L’homme dont la position et le grade ont permis de savoir et révéler comment les services secrets mauritaniens sous le régime de Mouawiya ould Taya ont réécrit le « manifeste du négro-mauritanien opprimé » publié par les Flam en 1986, sous le couvert de traduction, y introduisant des propos à caractère raciste dans le seul but de diaboliser ces vaillants patriotes par intoxication de l’opinion maure.

Mieux encore, en montrant comment les lobbies racistes créent et entretiennent un lien entre les Flam et les présumés putschistes de 1987 pour corroborer l’idée d’un complot négro-africain contre les Maures, Oumar Ould Beibacar sonne le glas de la dernière pièce du puzzle par lequel les assassins et autres tortionnaires des militaires et civils négro-mauritaniens justifiaient leur forfait!

Ne disaient-ils pas que les purges anti-négro-africaines de 1989 à 1991 étaient la conséquence du « complot ourdi par les Flam (aile civile et militaire) contre les Maures de Mauritanie ?

En effet, en 1989, après avoir déporté et chassé plus de 120 000 Négro-mauritaniens vers le Sénégal et le Mali, le régime de Ould Taya (à l’époque protégé par le Président actuel alors commandant du BSEP) s’est adonné à une véritable opération de dénégrification de la Mauritanie.

Aussi des milliers de civils furent exterminés sauvagement dans toutes les régions de la Mauritanie. La nuit du 27 au 28 novembre 1990, 28 soldats négro-mauritaniens furent pendus à Inal par leurs frères d’arme pour célébrer à leur manière l’indépendance de la Mauritanie.

Enfin, moins d’une année après, en 1991, ce sont plus de 500 autres soldats, tous négro-mauritaniens, qui furent exécutés ça et là dans différentes casernes militaires sous le prétexte fallacieux qu’ils conspiraient contre je ne sais quel diable !

Voilà, entre autres, les terribles VERITES réaffirmées par Oumar Ould Beibacar et qui, de mon point de vue, lui valent l’incarcération dans les geôles de Mohamed Ould Abdel Aziz.

Eh bien si dire ces vérités entraine la prison, je demande à nos autorités de venir me chercher pour m’embastiller. Oui, j’écris que je serai bien honoré d’aller rejoindre cet ami – par la morale et les idées – que je n’ai pourtant jamais eu l’honneur de rencontrer, dans le cachot de leur choix !

Tous les intellectuels progressistes de ce pays ont le devoir ultime de suivre cette dynamique au risque de sur peupler les prisons de Mohamed Ould Abdel Aziz ! Dans un pays miné par l’oppression multidimensionnelle, la place des honnêtes hommes n’est nulle part ailleurs qu’en prison !

Mon colonel ! Pour vous et vous seulement, je me mets au garde-à vous ! Vous qui, de par votre valeur intrinsèque, valez bien des généraux de nos temps modernes réunis !

Par son arrogance et l’oppression croissante exercée sur les Négro-africains de Mauritanie et les Hratines, le régime actuel compromet déjà gravement d’unité nationale, en arrêtant les éléments progressiste de la communauté maure, il tue, consciemment ou inconsciemment tout espoir de voir les communautés mauritaniennes opérer une jonction heureuse et trouver les meilleures solutions au crucial problème de la cohabitation. Savez-vous combien de Négro-mauritaniens ont vu leur colère s’atténuer, leur frustration s’édulcorer rien qu’en lisant Oumar Ould Beibacar ?

Nos gouvernants actuels vont-ils continuer à envoyer au bagne tout Mauritanien obéissant à sa conscience et qui ose rétablir la vérité ? Après Ould Mkheitir qui défendait les forgerons, Biram Dah et Brahim Bilal qui souhaitaient libérer les esclaves et Oumar ould Beibacar qui voulait soigner les blessures de ses frères Négro-mauritaniens (racisme d’Etat, esclavage) et donner enfin l’occasion aux Mauritaniens de discuter pour refaire leur unité, le régime actuel va-t-il arrêter tous les progressistes de ce pays ?

Oui, va-t-il faire arrêter un certain Isselkou Ould Abdel Kader, un certain Mohamed Hanefi, faire extrader un certain Gemal Ould Yassa… et briser à jamais l’espoir de voir la Mauritanie faire la paix avec elle-même ? Quelle terrible destinée que cette d’un pouvoir qui envoie au cachot les meilleurs de ses citoyens !

Chacun à le devoir d’évaluer lucidement la situation et surtout avoir le courage de s’impliquer ; l’avenir de la Mauritanie a, aujourd’hui plus que jamais, besoin que ses intellectuels s’expriment, que ses citoyens se réveillent et que son peuple se recompose pour enfin reconquérir la verticale !

Mamadou Kalidou BA
Nouakchott le 02 décembre 2015

mardi 1 décembre 2015

Le 28 novembre ou le jour de la discorde nationale

Le 28 novembre ne peut plus symboliser ce jour historique de 1960 lors duquel naquit la Mauritanie indépendante. Depuis la sinistre nuit du 27 au 28 novembre 1990 qui a vu l’Etat Mauritanien exécuter par pendaison 28 militaires noirs dont la seule faute est d’appartenir à la mauvaise communauté, celle des non arabes, pour célébrer le trentième anniversaire de notre accession à l’indépendance, depuis cette sinistre nuit de 1990, le 28 novembre est devenu l’expression, par excellence, de la discorde nationale. Il ne sert à rien de se voiler la face et de continuer à foncer droit dans le mur.
Aujourd’hui, 25 ans après, les Mauritaniens n’ont toujours pas pris la mesure de la gravité de ce qui s’est passé dans ce coin perdu du pays. Les rescapés de ces évènements tragiques qui s’étendent en réalité de 1986 à 1992 et dont la sinistre nuit d’Inal constitue « l’apothéose », les veuves et les ayant-droits des victimes expiatoires de ce génocide, que l’on se refuse encore à qualifier comme tel, et la communauté négro-mauritanienne, dans son abstraction, continuent à en porter seuls le fardeau  Tout au plus trouvent-ils une oreille attentive auprès d’une infime partie des autres Mauritaniens qui s’empressent pour la plupart d’appeler au pardon et au dépassement. Les Mauritaniens doivent comprendre que ce à quoi l’on a attenté, ce n’est pas seulement l’existence de la communauté en question mais de la Mauritanie dans son ensemble. C’est seulement une fois que nous aurons tous intégré ce paramètre que nous pourrons porter pleinement, tous ensemble, le combat pour la reconnaissance pleine et entière du génocide et lui trouver une solution.
Si nous tenons à notre pays, à la construction d’une nation digne de ce nom, nous devons reconnaître que, à Inal, ce ne sont pas seulement (que l’on que me pardonne l’usage de ce mot qui ne sied pas au contexte) vingt-huit vies humaines qui ont été sacrifiées sur l’autel de la bêtise (in)humaine, c’est la Mauritanie qui a été assassinée. Le projet de nation mauritanienne fondé sur un Etat unitaire tel que conçu par les pères fondateurs à Aleg a signé son arrêt de mort et a été définitivement enterré à Inal.
 Le pacte fondateur d’Aleg a certes été violé dès les premières années de l’indépendance par celui-là même qui était censé en être le premier garant, le Président Mokhtar Ould Daddah. En effet, le péché originel de la Mauritanie est le dénii de la diversité à travers les propos du Président Ould Daddah : « […] la re-personnalisation de l’Homme Mauritanien […] doit reposer sur l’indépendance culturelle, elle même fondée sur la réhabilitation de la langue arabe qui est la langue de culture et de religion de notre peuple ». C’est cette volonté de faire de faire de la Mauritanie un pays exclusivement arabe qui est le point de départ de tous nos malheurs et qui a eu pour aboutissement logique l’épuration ethnique des années de braise. En réalité donc, le projet commun a été trahi dès le départ au profit de l’idéologie exclusiviste arabe même si l’on ne pouvait imaginer l’ampleur de la violence que prendrait l’aboutissement de cette trahison.
L’Etat mauritanien tel qu’il se présente aujourd’hui est la résultante de ces 55 ans d’exclusion. La dénégrification a atteint son summum dans tous les rouages de l’Etat et dans toutes nos institutions comme cela se reflète à travers les dernières promotions dans les forces armées, par exemple. Mais le drame c’est que beaucoup de nos compatriotes se complaisent de cette situation et rechignent donc à la combattre. Nous devons comprendre cependant que personne n’a intérêt à ce que les choses perdurent.
La mise au ban de la communauté noire en appelle d’autres, le système incarné par l’Etat en a besoin pour survivre Aujourd’hui les exclus ne se comptent plus simplement parmi les Noirs, bon nombre de tribus beydanes sont laissées sur la touche. Pire la Mauritanie est devenue une propriété au mains de certains L’exclusion a atteint un tel degré que le repli identitaire s’est naturellement érigé en règle donnant naissance à des manifestes au sein de chacune de nos composantes nationales.
Il est donc temps que nous nous retrouvions autour de l’essentiel et que nous sauvions notre 28 novembre en faisant en sorte que tous les Mauritaniens se le réapproprient et ressuscitent ainsi la Mauritanie pour le bonheur de tous. Cela suppose le règlement définit du problème du génocide, de celui non moins central de l’esclavage et, plus en profondeur, celui de la place qui doit revenir à chacune de nos composantes nationales, indépendamment des considérations de nombre. Il ne tient qu’à nous de relever le défi.
Alassane DIA,
Professeur à l’Université de Nouakchott
Président de Touche pas à ma nationalité

Abou Cissé a tiré sa révérence : Adieu doyen !

Abou Cissé a tiré sa révérence : Adieu doyen ! « L’homme des Faits Divers », Abou Cissé a tiré sa révérence et cassé sa plume dans la nuit du mercredi 25 novembre 2015, à la suite d’une courte maladie. Sa disparition a plongé la rédaction du quotidien L’Authentique, avec qui il avait noué un amour de plus de dix ans, dans une profonde affliction.

Ce Sierra Léonais de naissance, Mauritanien de cœur, a couvert durant toutes ces années, les affaires judiciaires qui ont secoué la ville de Nouakchott, des crimes les plus crapuleux jusqu’aux plus menus larcins. Sa masse imposante, sa barbe fournie, son sourire avenant, sa simplicité et la sympathie qui se dégageait de lui, n’iront plus hanter les couloirs du Palais de justice de Nouakchott où tout le monde l’appréciait, des magistrats aux secrétaires de greffe, jusqu’aux plantons. Les commissariats de police de Nouakchott auprès de qui il puisait ses sources d’information, tissant un véritable carnet d’adresse au sein de la police, ne verront également plus ce « Kowri » géant égayer leurs journées.

Abou Cissé avait en effet sympathisé avec la presque totalité des commissaires exerçant dans la capitale, se faisant des amitiés auprès des agents des diverses sections de la police judiciaire.

Pas une seule fois, au cours de toute sa carrière, Abou Cissé n’a fourni une information fausse ou tronquée. Professionnel jusqu’au bout des ongles, ses faits étaient toujours réels. Il n’a jamais fait l’objet d’une plainte pour diffamation, accomplissant son métier de journaliste avec amour, abnégation et sérieux. Il fut en toute circonstance égal à lui-même. Abou Cissé était un homme, avec ses faiblesses et ses qualités, mais il ne savait jamais mentir.

Il a toujours évolué loin des conférences de presse, loin des regroupements, loin des voyages. Sa vie était partagée entre une chambre qu’il louait à Sebkha, le siège du journal, le Palais de justice de Nouakchott et les différents commissariats de police de Nouakchott. Rien ne l’empêchait de se rendre au siège du journal qu’il était le premier à rejoindre, tôt au petit matin, supervisant la distribution du journal, avant de se rendre au Palais de justice.

Il en revenait avec des informations, des déferrements, des auditions, des séances de jugement. Sa rubrique « Faits Divers », notamment « Les verdicts de la Chambre correctionnelle » où il rapportait les affaires jugées et les sentences prononcées, étaient un véritable régal pour le public et pour nos lecteurs.

Abou Cissé fait partie des rares journalistes à pratiquer réellement le journalisme de terrain, celui des faits, rien que les faits, celui des recoupements et de la véracité des informations. Il ne se contentait pas de s’asseoir derrière un bureau climatisé et de confectionner des articles assis derrière sa machine en se nourrissant des informations fournies par les autres.

L’information, il la créait et constituait de ce fait, une source fiable à laquelle s’abreuvait les autres rédactions.

Par delà l’homme de presse et le journaliste, Abou Cissé était aussi un bon musulman. Il avait une place, bien connue, à la mosquée Saoudienne et jamais, il ne rata la prière du vendredi ces vingt dernières années. Ce Soninké de parents mauritaniens, mais qui ont émigré très tôt en Sierra Leone, laisse derrière lui une femme et des enfants en bas âge. A sa disparition, ils étaient chez eux à Coumba Ndaw, au Guidimagha.

Repose en paix, cher confrère et cher frère. Que la Terre te soit légère. Puisse Allah te pardonner tes pêchés et t’élever au plus haut de son Paradis. Inna Lilahi Wa Inna Ileihi Rajioune

La rédaction de L’Authentique

Célébration de la journée mondiale de lutte contre le sida

 La Mauritanie a célébré mardi le 1er décembre 2015, à l'instar de la communauté internationale, la journée mondiale de lutte contre le sida, sur le thème : sur la voie rapide pour mettre fin au sida, en vue de plaider pour davantage de solidarité avec les personnes vivant avec le sida et de dresser le bilan des réalisations accomplies dans le domaine de la lutte contre la pandémie.

L’événement a donné lieu à une cérémonie, organisée par le secrétariat exécutif national de lutte contre le sida (SENLS) au centre de santé de Tayarett, Nouakchott Ouest, présidée par le ministre de la santé, M. 
 Ahmedou Ould Hademine Ould Jelvoune.

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Ce dernier a souligné que les efforts de lutte contre le sida déployés ces dernières années ont donné fruits, selon les organismes internationaux spécialisés, bien que la maladie reste une cause principale de morbidité à l'échelle internationale et un défi majeur à relever.

Au plan national, le ministre a souligné que la lutte contre le sida constitue l'une des priorités du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz et axe stratégique du plan d'action du gouvernement du Premier ministre, Monsieur Yahya Ould Hademine.

Pour sa part, le secrétaire exécutif national de lutte contre le sida (SENLS), Pr. Abdallahi Ould Sidi Ali, a détaillé les mesures entreprises par les pouvoirs publics, en application des instructions du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, en faveur des personnes atteintes par la maladie comme la définition de la lutte contre le sida comme priorité du cadre national de lutte contre la pauvreté, la prise en charge gratuite et totale de toutes les personnes vivant avec le VIH, l'augmentation des ressources financières et la restructuration des organes de gestion pour une riposte nationale plus appropriée.

Abordant les activités de son secrétariat, le PNLS a précisé qu'à ce jour son organisme assure la prise en charge gratuite et totale, tant sur le plan médical, biologique, psychosocial que nutritionnel de 5500 patients vivant avec le VIH (PVVIH) dont une file active de près de 2500 personnes, la mise en œuvre de la stratégie TETRIM (tester et traiter en RIM) et la prévention combinée grâce à la mise sous traitement précoce de toutes les personnes dépistées séropositives, des couples discordants, des enfants nés des mères infectées, des accidents d'expositions aux liquides biologiques des malades co-infectés VIH/TB/HB, et la décentralisation de la prise en charge des PVVIH en leur offrant des services intégrés de qualité et de proximité, pour contribuer à mettre fin au sida.

Le Pr. Sidi Ali a, enfin, remercié l'ensemble des acteurs de lutte contre le sida pour les efforts soutenus qu'ils ne cessent de déployer pour combattre le fléau du sida.

Notons que des organisations de la société civile opérant dans le domaine ont organisé une exposition en marge de la cérémonie commémorative de la journée internationale de lutte contre le sida.
Source:AMI -


dimanche 27 septembre 2015

Etats-Unis: polémique après que des policiers tuent un handicapé noir

Une polémique enflait samedi aux États-Unis après que des policiers ont ouvert le feu sur un Noir en fauteuil roulant, l'homme handicapé étant selon eux armé, une scène filmée sur une vidéo amateur qui suscitait de nombreuses réactions sur Internet.
Les autorités judiciaires de l'État du Delaware (est), où est décédée la victime âgée de 28 ans, ont annoncé dans un communiqué vendredi enquêter sur ces faits, "afin de déterminer si les policiers ont agi conformément à la loi".Des policiers américains devant le Capitole à Washington, le 12 février 2013
La vidéo tournée mercredi sur la voie publique dans la ville de Wilmington montre le Noir, nommé Jeremy McDole, à l'arrêt dans son fauteuil roulant, derrière une voiture sur la chaussée.
Plusieurs policiers accourent, le tenant en joue et criant à plusieurs reprises: "lâche ton arme!" ou "mains en l'air!". La vidéo ne permet pas de voir si l'homme tient effectivement une arme. Tout à coup, les policiers tirent et une douzaine de détonations retentissent. Le corps inanimé de Jeremy McDole bascule alors en dehors du fauteuil roulant.
La police a indiqué avoir répondu à un appel téléphonique faisant état d'un homme armé en fauteuil roulant, lui-même s'étant possiblement blessé par balle.
Dans une conférence de presse diffusée par les médias américains, le chef de la police locale, Bobby Cummings, a expliqué que McDole a refusé de répondre à l'injonction des agents qui lui demandaient de lever les mains et que l'homme a aussi refusé de déposer à terre son arme. Selon le responsable policier, McDole a été tué au moment où il allait sortir son arme.
La mère de la victime, Phyllis McDole, a elle démenti cette version, en affirmant que son fils hémiplégique n'était ni dangereux ni armé.
"La vidéo montre qu'il n'avait pas d'arme. Il avait les mains posées sur les genoux quand il lui ont tiré dessus", a déclaré la mère en dénonçant une "injustice".
Cité par la presse, le gouverneur du Delaware, Jack Markell, a de son côté qualifié la scène de "profondément perturbante".
La plus importante organisation de défense des droits des Noirs aux États-Unis, la NAACP, a pour sa part demandé que soit désigné un "procureur spécial" pour garantir une enquête indépendante sur les circonstances de la mort de Jeremy McDole.
Ces derniers mois, différents faits divers aux États-Unis ont montré des policiers américains faisant un usage abusif de la force contre des Noirs. Certaines de ces affaires, comme la mort de Michael Brown, 18 ans, tué l'été 2014 à Ferguson (Missouri), ont même dégénéré en émeutes.

Tombouctou: un Touareg remis à la CPI pour la destruction de mausolées

Tombouctou: un Touareg remis à la CPI pour la destruction de mausolées

 Un Touareg, leader d'un groupe islamiste malien lié à Al-Qaïda, a été remis samedi à la Cour pénale internationale (CPI) aux Pays-Bas,soupçonné d'avoir pris part à la destruction en 2012 de mausolées àTombouctou, la "cité des Saints" du nord du Mali.

Pour la première fois de son histoire, la Cour installée à La Haye va instruire un dossier concernant la destruction d'édifices religieux et de monuments historiques.

De même, Ahmad Al Faqi Al Mahdi est le premier suspect arrêté dans l'enquête ouverte début 2013 sur le Mali et portant sur les exactions présumées commises par les groupes jihadistes liés à Al-Qaïda qui avaient pris le contrôlé du nord duMali en mars-avril 2012, après la déroute de l'armée face à une rébellion à dominante touareg.

M. Al Faqi, un Touareg également connu sous le nom d'Abou Tourab, a été remis à la CPI "par les autorités du Niger et est arrivé au quartier pénitentiaire de la Cour aux Pays-Bas" à 03H20 (01H20 GMT) selon le porte-parole de la CPI, Fadi El Abdallah.

Le mandat d'arrêt le concernant avait été émis le 18 septembre 2015. Aucune précision n'a toutefois été donnée sur la date ou les circonstances de son arrestation.

Il est soupçonné d'avoir délibérément participé à la destruction de neuf mausolées et d'une des trois plus importantes mosquées de Tombouctou (Sidi Yahia), des actes constitutifs de crimes de guerre.

Inscrite au patrimoine mondial de l'humanité, "la cité des 333 saints" était restée d'avril 2012 à janvier 2013 sous le contrôle de groupes islamistes armés qui l'avaient défigurée.

Ces groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, qui considèrent la vénération des saints comme de "l'idolâtrie", avaient entamé en juin 2012 la démolition de plusieurs mausolées de la ville, dont celui de sa principale mosquée. D'autres mausolées, témoignant de l'âge d'or de la ville au XVIe siècle, avaient été détruits.

Interrogé par l'AFP, le maire de TombouctouHaley Ousmane, a confirmé les soupçons pesant contre M. Al Faqi et s'est réjoui de son arrestation.

"Al Faqi m'a convoqué plusieurs fois. C'est lui qui dirigeait toutes les destructions de mausolées a Tombouctou (...) Détruire un mausolée, c'est comme assassiner quelqu'un, son histoire, son passé. Comme tous les Tombouctiens, je suis heureux", a-t-il déclaré.

- 'Brigade des moeurs'

- Selon la CPI, M. Al Faki était un des leaders d'Ansar Dine, un groupe islamiste radical associé à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Originaire d'Agoune, à une centaine de kilomètres à l'ouest de Tombouctou, il aurait joué un rôle actif "dans le contexte de l'occupation de la ville deTombouctou", selon le communiqué de la CPI.

"En étroite association avec les leaders des deux groupes armés" Ansar Dine et Aqmi, il "auraipris la tête d'une +Brigade des mœurs+ (+Hesbah+)" qui avait fonctionné entre mai et septembre 2012. La CPI le soupçonne également d'avoir participé à l'exécution de décisions prises par le Tribunal islamique deTombouctou.

La CPI enquête depuis début 2013 sur des crimes de guerre présumés commis depuis janvier 2012 au Mali par divers groupes armés "qui ont semé la terreur et infligé des souffrances à la population".

Les jihadistes qui contrôlaient le nord du Mali en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en janvier 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères. L'Unesco a lancé en 2014 un vaste programme de reconstruction deTombouctou et notamment de ses mausolées, confiée à un groupe de maçons locaux sous la supervision de l'imam de la grande mosquée de Djingareyber. En juillet, huit mausolées avaient ainsi été reconstruits.

Selon l'Unesco, tous les mausolées (Tombouctou en compte 16 au total) seront reconstruits d'ici la fin de l'année.

Le projet de réhabilitation concerne également les manuscrits anciens de la ville, dont plus de 4.000 ont été perdus, brûlés ou volés, 10.000 autres sont restés sur place mais dans des conditions de stockage inadaptées, et quelque 370.000 ont été "exfiltrés" clandestinement vers Bamako en 2012 pour les soustraire aux jihadistes.

Source : AFP via Courrier international

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